Octobre 2005

sommaire

Responsabilité & Environnement

Les catastrophes naturelles

Numéro complet

N° 40

Editorial

Par François Valérian

Introduction : risques naturels de la terre solide

Par Vincent Courtillot
Membre de l'Académie des Sciences

La tectonique, source des plus grands cataclysmes telluriques actuels

Par Paul Tapponnier
Physicien, Laboratoire de tectonique, Institut de physique du globe de Paris

Les grands cataclysmes ont fait, dans le siècle écoulé, des millions de victimes. Ces phénomènes nous avons, aujourd’hui, la capacité de les voir venir, donc le temps et les moyens d’agir. Seuls, ou presque, en l’état actuel des connaissances, les grands séismes restent imprévisibles. Pourquoi ? Ce que nous savons, ce que nous pouvons faire et comment aller plus loin pour se rapprocher de la prédiction à court terme.

L’aléa volcanique

Par Claude Jaupart
Institut de physique du globe de Paris

Les volcans sont toujours actifs, leurs éruptions tuent encore et, pour les plus importantes, sont à même d’affecter la population de la planète entière via le changement climatique. La volcanologie a pourtant bien progressé depuis 30 ans, grâce à la théorie et à l’observation. Où en est la discipline ? Que peut-on prévoir aujourd’hui ? Que peut-on espérer pour demain ?

Comprendre et prévenir les tsunamis : les apports de la simulation numérique

Par Hélène Hébert, François Schindelé, Anthony Sladen
Département Analyse surveillance environnement CEA Bruyères-le-Châtel

L'événement qui a frappé Sumatra en décembre 2004 a au moins conduit à une prise de conscience renouvelée et globale du risque tsunami, qui va relancer les actions de prévention. Pour les modélisateurs, il permettra de tester les méthodes et de les confronter aux innombrables données disponibles. Les enjeux: aider à une meilleure gestion de l'aménagement du littoral, et intervenir en support à la gestion des alertes. Mais, aussi, mieux comprendre les processus physiques mis en jeu lors de la génération, de la propagation et de l'impact sur les zones côtières.

Les glissements de terrain : des outils pour évaluer les risques

Par Anne Mangeney
Institut de physique du globe de Paris

Qui n’a, sans le savoir, marché, habité ou roulé sur les dépôts d’un effondrement passé ? Description théorique et compréhension physique de ces processus constituent aujourd'hui un problème largement ouvert. S'y attaquer, c'est vouloir comprendre l’une des composantes principales de l'évolution des surfaces des planètes. C’est, aussi, chercher à appréhender la dynamique de transfert et de stockage de matière. C’est, enfin, au-delà des aspects fondamentaux, se doter d’un cadre incontournable pour la gestion des risques.

Aléas et risques dans l’analyse géographique

Par Yvette Veyret, M. Reghezza
Laboratoire Gecko, Université de Paris X-Nanterre

Longtemps naturaliste la géographie française s'est d’abord consacrée à l'analyse de l'aléa avant de s’ancrer dans les sciences sociales. Emboîtant le pas aux travaux des géographes américains qui dès le début du XXe siècle envisageaient conjointement faits de nature et faits de société, les géographes français traitent aujourd'hui la question du risque en insistant sur la vulnérabilité et sur les relations qui lient risque, espace et territoire. Un territoire devenu désormais discontinu et dont la mise en réseau aggrave la vulnérabilité.

Un outil pour la prise de conscience du risque sismique : les études de scenario. L’exemple de Nice

Par Pierre-Yves Bard
Laboratoire de Géophysique interne et tectonophysique (LGIT)

Anne-Marie Duval
Laboratoire régional des Ponts-et-Chaussées

Patrice Foin
Conseil général des Ponts et Chaussées

Philippe Guéguen
Laboratoire de Géophysique interne et tectonophysique (LGIT)

Etienne Bertrand
Laboratoire régional des Ponts-et-Chaussées

Jean-François Vassiliades
Laboratoire régional des Ponts-et-Chaussées

Sylvain Vidal
Laboratoire régional des Ponts-et-Chaussées

Christian Thiblault
Laboratoire régional des Ponts-et-Chaussées

et François Dunand
Laboratoire de Géophysique interne et tectonophysique (LGIT)

La Côte d’Azur n’est ni le Japon, ni la Californie, loin s’en faut, mais la menace sismique y est réelle. Et pourtant la prévention s’y heurte toujours à une prise de conscience insuffisante. D’où, à l’instar de ce qui se pratique, avec succès, dans des pays plus sismiques, la réalisation d’études de scénario qui devraient permettre l’élaboration d’une politique de prévention. Les principaux éléments de la dernière en date des études conduites à Nice, le projet Gemgep.

L'expertise au service de la prévention des risques naturels l'exemple du risque d'éboulement des ruines de sechilienne

Par Michel Bart
Préfet de l'Isère

Une mission d'expertise qui, au-delà des analyses techniques attendues et des avancées dans la connaissance du risque et des moyens de le prévenir, a su susciter prise de conscience et mobilisation des acteurs : grâce à un travail exemplaire dans la méthode comme sur le fond, grâce aussi à une démarche de dialogue, de pédagogie et de transparence. Une expertise qui ne remplace pas l'action mais qui la rend possible : le cas des Ruines de Séchilienne.

Typologie des aléas et connaissance scientifique de la vulnérabilité. Le point de vue de l’ingénieur

Par Jean Dunglas
Ingénieur général honoraire du Génie rural des Eaux et des Forêts

Volcans, cyclones, séismes ou inondations, mouvements de terrains ou encore tsunamis, l’avancée des connaissances est rapide. Mais aléas ou vulnérabilité, les marges de progrès restent importantes pour les scientifiques et les ingénieurs. Car s’il est vain d’imaginer échapper à toute catastrophe naturelle, en mieux connaître les mécanismes c’est mieux savoir s’en protéger. Un défi d’autant plus urgent à relever que la population de la planète s’urbanise à grands pas.

Les agences fédérales américaines savaient qu’une catastrophe menaçait la Nouvelle Orléans. Les exercices d’alerte et les plans d’évacuation n’ont servi à rien

Par Scott Shane, Eric Lipton
in International Herald Tribune, 3-4 septembre 2005

Katrina n’aurait pas dû prendre les responsables, tant fédéraux que locaux, au dépourvu : le cyclone était attendu depuis des années. Pour preuve les centaines de milliers de dollars dépensés en études, entraînements, plans d’urgences et scénarios. Et pourtant leurs conclusions sont restées incertaines, ils n’ont pas su répondre à la nécessité d’assurer un abri à des milliers de sinistrés pas plus qu’à celle d’évacuer la population à mobilité réduite.

Faisons en sorte que Katrina serve d’avertissement…

Par John Carey, Lorraine Woellert, Eamon Javers, Otis Port
on BusinessWeek online, 1er septembre 2005

Les effets dévastateurs du cyclone Katrina étaient entièrement prévisibles et largement évitables. Mais, au-delà des polémiques sur les avertissements ignorés et les insuffisances des politiques, il y a aussi des leçons à tirer, qu’il s’agisse de la gestion de l’énergie ou de celle des ressources naturelles.

Existe-t-il encore des catastrophes naturelles ?

Par Jean-Pierre Dupuy
Ecole Polytechnique Paris et université de Stanford

Pourquoi a-t-on pu comparer le cyclone du 29 août et l’attaque terroriste du 11 septembre aux Etats-Unis ? Parce qu’on a pu penser attribuer à l’homme aussi la responsabilité de la dévastation produite par Katrina. Parce que la science occidentale, appuyée par la religion, a progressivement repoussé toute limite à l’action humaine. Jusqu’à la dernière, celle d’une nature puissance extérieure à l'homme et, demain, façonnée à l'image de ses désirs. Sécheresses, cyclones ou tsunamis seront alors les produits inattendus de ses actions.

Hors dossier

Légitimité et crédibilité des acteurs dans le domaine du contrôle et de la régulation

Par Jean-Louis Beffa

Régulateur et contrôleurs : quelle légitimité entre demande sociétale et pouvoir politique ?

Par François Valérian
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