Juillet 2010

sommaire

Responsabilité & Environnement

« Après copenhague »

Numéro complet
Ce numéro a été coordonné
par Pascal DUPUIS

N° 59

Editorial

Par Bruno SAUVALLE
Ingénieur en Chef des Mines

Avant-propos : Retour sur Copenhague par Brice Lalonde,

Ancien Ministre, ambassadeur chargé des négociations internationales sur le changement climatique pour la France

Texte de l'Accord de Copenhague

La science

Débats et controverses autour du réchauffement climatique

Par Jean JOUZEL
Directeur de Recherches au CEA

L’impact de l’activité solaire ou de la vapeur d’eau dans l’atmosphère sur le réchauffement climatique a pu récemment prêter à controverses. Cependant l'activité solaire a eu tendance à diminuer depuis les années 1970 tandis que la température moyenne augmentait. Par ailleurs l'augmentation de la concentration de vapeur d'eau dans l'atmosphère constitue un mécanisme d'amplification bien documenté et cette augmentation est déjà observée.

Copenhague : un autre regard

Par Paul-Henri BOURRELIER
Ingénieur général des Mines honoraire,

Les modèles climatiques peuvent aboutir à des résultats inexacts dans la mesure du fait qu'ils ne prennent pas en compte des facteurs et des phénomènes importants à d’autres échelles de temps et que la plupart des lois ne sont pas linéaires. Par ailleurs l’affirmation selon laquelle les aléas extrêmes s’accroîtraient dangereusement, au-delà d’un réchauffement moyen de 2 degrés est jusqu'à ce jour dépourvue de fondement.

Quel futur accord international ?

Plan d'action pour l'apres-Copenhague

Par Stéphane HALLEGATTE

En l’absence de mécanisme international de partage équitable de l’effort en matière de réduction des émissions, on ne saurait dénier aux pays les plus ambitieux le droit de mettre en place, à leurs frontières, des mécanismes fiscaux de compensation. Par ailleurs les pays ayant pris des engagements de réduction de leurs émissions devraient pouvoir accepter un contrôle plus fort que celui qui est actuellement prévu, par exemple via la création d’une organisation internationale qui contrôlerait les émissions de chaque pays.

La grande bifurcation de la conférence de Copenhague

Par Olivier GODARD
Directeur de Recherche au CNRS

La conférence de Copenhague, qui a consacré une rupture avec le type de coordination internationale serrée et exigeante qui avait été amorcé à Rio et conforté à Kyoto pour les seuls pays industriels marque une bifurcation vers un régime de coordination faible reposant sur des engagements unilatéraux souverains et non contraignants, à l'échelle de grands pays ou d'ensembles régionaux (tels que l'Union européenne).

Les marchés du carbone après Copenhague

Par Joffrey CÉLESTIN-URBAIN
Chef du Bureau des marchés du carbone à la Direction Générale de l'Energie et du Climat et Conseiller du Directeur général sur la gestion des actifs carbone de la France, MEEDDM

Avec l’extinction programmée de la discipline unifiée imposée par le Protocole de Kyoto, les marchés du carbone ne vont pas disparaître, mais se fragmenter et leur équilibre se déplacer au niveau tant régional que national.

Les engagements pris à Copenhague et la question de la comparabilité des efforts

Par Patrick CRIQUI et Constantin ILASCA
LEPII, UMR 5252 CNRS-UPMF, Grenoble

La question de l’équité dans la lutte contre le changement climatique est fortement prégnante dans l’élaboration de l’architecture du régime climatique. Un critère d’équité universel semblant hors d’atteinte, une approche différenciée pourrait être la suivante : le club des pays riches serait soumis à des objectifs de réduction contraignants fixés par rapport à une année de référence ; le club des pays émergents serait soumis à des objectifs fixés en termes de réduction de l’intensité en émissions du PIB ; enfin, le club des pays en développement ne serait pas soumis à des objectifs contraignants.

Les sujets ou thèmes de la négociation

Cent milliards de dollars

Par Sandrine de GUIO
Ingénieur des Ponts, des eaux et des forêts à la Direction générale du Trésor - Ministère de l'Economie et de l'Emploi (MINEIE)

et Jean-Jacques BARBÉRIS
Administrateur civil à la Direction générale du Trésor (MINEIE)

Le chiffre de 100 milliards de dollars représentant le montant des financements prévus par l’Accord de Copenhague pour les pays en développement à partir de 2020, n’est pas sorti du chapeau d’un diplomate dans les dernières heures de la négociation. La crédibilité de l’Accord de Copenhague est cependant mise à l’épreuve dès aujourd’hui. Les pays développés se sont, en effet, fixé dans le cadre de l’Accord une cible de financement de l’ordre de 30 milliards de dollars pour la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement, sur 2010-2012.

Accord de Copenhague : la regrettable absence des soutes internationales

Par Marie-Claire LHENRY
Adjointe au chef du Département de lutte contre l'effet de serre Direction Générale de l'Energie et du Climat Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer (MEEDDM)

N'ayant pas été réparties entre les pays, les émissions de gaz à effet de serre provenant du transport aérien et maritime international ne sont pas prises en compte dans les engagements de réduction du Protocole de Kyoto. L’objectif de l’Union européenne, à Copenhague, était qu’un objectif global de réduction d’émissions fût fixé d’une part, pour le secteur maritime et d’autre part, pour le secteur aérien. Cela aurait donné un signal politique important de nature à faciliter les travaux au sein de l’OMI et de l’OACI , où doivent être développées et mises en place les mesures de réduction des émissions de ces deux secteurs. Mais les négociations ont peu avancé et les soutes internationales ne figurent pas dans l’Accord de Copenhague.

Vers une meilleure prise en compte de la forêt et de l'agriculture dans les politiques climatiques internationales

Par Nathalie GUESDON
Chargée de mission « Agriculture et changement climatique », Ministère chargé de l'Agriculture

et Pascal BLANQUET
Chargé de mission « Forêt et agriculture », Ministère chargé de l'Ecologie et de l'Energie

Les négociations de Copenhague ont permis d'approfondir les modalités techniques de prise en compte du secteur de la forêt, surtout en ce qui concerne la lutte contre la déforestation dans les pays en développement. En revanche, les avancées ont été moins significatives en matière de comptabilisation des puits et des sources de carbone dans les pays développés.

La diffusion des technologies de lutte contre l'effet de serre vers les économies émergentes Etat des lieux et leviers possibles

Par Matthieu GLACHANT et Yann MÉNIÈRE
Économiste au CERNA, MINES ParisTech

Que des pays prennent des engagements significatifs sur leurs émissions est la condition sans doute la plus importante pour réussir la diffusion des technologies de lutte contre l’effet de serre. Les droits de propriété intellectuelle ne semblent pas être aujourd’hui un obstacle significatif à la diffusion de ces technologies. Cela tient à l’existence d’une concurrence suffisante entre technologies brevetées, qui empêche une entreprise de verrouiller les marchés.

Copenhague et l’adaptation au réchauffement climatique

Par Bertrand REYSSET
Ingénieur du génie rural des eaux et forêts

L’adaptation au changement climatique consiste à agir afin de réduire notre vulnérabilité aux effets du changement climatique, voire de tirer parti de ce changement. L’Accord de Copenhague reconnaît de façon explicite que les pays en développement, et en particulier les plus pauvres d’entre eux, sont à la fois les plus vulnérables aux effets adverses du changement climatique et ceux qui ont le moins de capacités leur permettant d’y faire face.

Les parties prenantes

Il faut préparer, dès maintenant, l'après-Copenhague

Par Michel HAVARD
Député de la Première circonscription du Rhône Conseiller Municipal de Lyon

Tirer tous les enseignements de Copenhague, c’est aussi sortir de notre européocentrisme et nous mettre un instant à la place de pays comme l’Inde, la Chine ou le Brésil, qui ne nient pas leurs responsabilités présentes dans le réchauffement climatique, mais font observer qu’historiquement, ce sont bien les pays développés qui ont déversé dans l’atmosphère, depuis le début de la révolution industrielle, 80 % des gaz à effet de serre anthropiques.

Après Copenhague, le point de vue d'un industriel

Par Alain CAPMAS
Directeur général de l'ATILH Président du Comité Changement Climatique du Medef

L’annonce de l’éventualité que l'engagement européen passe de - 20 % à - 30 % de réduction des gaz à effet de serre entraîne des incertitudes majeures et cela pèse sur les décisions des entreprises en matière d'investissement.

Copenhague : un séisme politique nécessaire ? Le point de vue de WWF

Par Elise BUCKLE
Responsable Energie Climat pour le WWF France

Les événements de Copenhague font apparaître au grand jour les principales questions qui transcendent les différents pays, blocs régionaux, et groupes d’intérêt, mettant ainsi fin à certaines illusions. Le chaos va peut-être ainsi laisser place à un espace de reconstruction sociale et politique, sur des bases plus saines et plus pragmatiques pour l’avenir.

La quinzième conférence des parties (COP 15) Copenhague (7-18 décembre 2009)

Par Jean-Pierre BOMPARD
Délégué au développement durable de la Confédération Française

Démocratique du Travail (CFDT) Il est grand temps de refondre les mécanismes de décision sur le climat. Le fonctionnement par consensus avec près de deux-cents Etats-nations, n’est plus tenable. Le GIEC doit se refocaliser sur son activité scientifique et accélérer les travaux sur la montée des eaux, sur les effets locaux du réchauffement, sur l’impact de l’activité solaire.

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