Avril 2020
sommaire
Responsabilité & Environnement
Actualité de la catastrophe
N° 98
Avant-propos : Paul-Henri BOURRELIER,
Ingénieur général des Mines honoraire, ancien directeur général du BRGM
Introduction : Maud DEVÈS,
Université Paris, Institut de physique du globe de Paris (IPGP) et Institut Humanités, sciences et sociétés (IHSS)
La catastrophe : un concept protéiforme
Apprendre du passé pour mieux faire face aux catastrophes
Par Emmanuel GARNIER
CNRS
Fondée sur l’exploitation des matériaux historiques que sont les archives écrites, les témoignages iconographiques ou architecturaux, cette contribution montre combien il importe d’extraire, de conserver et de transmettre la mémoire des catastrophes du passé pour en tirer des retours d’expérience à même de renforcer la résilience de nos sociétés contemporaines confrontées à une vulnérabilité croissante. En premier lieu, l’histoire autorise une reconstruction des trajectoires de vulnérabilité dans la « longue durée » et, ainsi, révèle les basculements en termes d’inadaptation et d’exposition aux risques pour mieux combattre le dogme du « jamais vu », moteur de l’exposition aux risques. Dans un second temps, une approche comparative est proposée à partir d’exemples français pour les inondations de la Seine, britannique pour l’aspect reconstruction post-catastrophique et, enfin, japonais comme modèle de promotion de la mémoire du risque.
Tectonique et religions
Par Thierry GAUDIN
Président de l’association Prospective 2100
L’analyse des carottes de glace ‒ technique inventée par Claude Lorius ‒ n’a pas seulement permis de comprendre l’évolution du climat, elle a aussi permis de repérer les explosions volcaniques passées, leurs dates, leurs caractéristiques et leurs conséquences. Au-delà de celle du Vésuve qui détruisit, en l’an 79, Herculanum et Pompéi, voici quelques exemples récemment analysés, moins connus mais tout aussi dévastateurs, dans lesquels les pouvoirs et même les religions ont été bouleversés par des éruptions inattendues.
Les paradoxes de la prophétie de malheur - Critique de la collapsologie
Par Jean-Pierre DUPUY
Stanford University
Depuis quelques années, en France, l’écologie catastrophiste a, sous le nom de collapsologie, un impact notable sur l’opinion publique. La cause pour laquelle ses adeptes se battent est juste ‒ personne ne peut écarter l’éventualité d’un « effondrement » de la civilisation industrielle, voire de la fin du monde ‒, mais leur message est gravement déficient au plan conceptuel. S’il est entendu, il risque de contribuer à la panique que l’anticipation des catastrophes à venir ne peut manquer de déclencher. Nous nous attacherons dans cet article à démonter un sophisme qu’ils commettent au sujet de la temporalité qui nous sépare d’une catastrophe annoncée mais de date inconnue. Les disciplines en cause sont toutes des branches de la philosophie : la métaphysique, la logique, l’éthique et la politique.
Prospective, catastrophe et collapsologie
Par Jacques THEYS
Ancien enseignant à l’EHESS, vice-président de la Société française de prospective
La prise de conscience brutale de l’extrême gravité du changement climatique et du déclin de la biodiversité a donné un écho considérable à l’hypothèse d’un effondrement prochain des systèmes socioécologiques et à la collapsologie. Celle-ci a des aspects multiples : à la fois choc émotionnel, vision idéologique du monde futur, nouvelle science et prévision sur l’avenir. Seules les deux dernières dimensions sont abordées dans cet article, car il s’agit essentiellement de resituer la place de la prospective dans le débat sur l’effondrement, et de voir en quoi celle-ci se différencie de la collapsologie à la fois sur le plan épistémologique et de ses hypothèses sur le futur. Si l’interrogation sur les risques d’effondrements – au moins partiels ‒ est légitime, ni les raccourcis qu’emprunte la collapsologie pour annoncer leur réalisation prochaine ni l’attitude de mise en retrait qu’elle préconise pour y faire face ne se justifient. Moins fataliste et catégorique, la prospective, art pratique orienté vers l’action, préfère se situer entre deux extrêmes qu’elle refuse : le déni de l’hypothèse catastrophiste et la certitude de sa venue.
Actualités de la catastrophe
Les incendies de forêt catastrophiques
Par Éric RIGOLOT, Jean-Luc DUPUY, François PIMONT et Julien RUFFAULT
INRAE
Les défis soulevés par la reconstruction post-Irma
Par Jérémy DESARTHE, Nicolas BAUDUCEAU et Antoine QUANTIN
Caisse centrale de réassurance (CCR)
En frappant les Antilles françaises en septembre 2017, l’ouragan Irma est venu rappeler l’exposition de ces territoires aux risques naturels. En prenant en charge deux milliards d’euros de dommages assurés, le système d’indemnisation des catastrophes naturelles a démontré sa capacité à faire face à l’événement le plus coûteux depuis sa mise en place en juillet 1982. Face à l’ampleur du phénomène, les différents acteurs ont dû relever de nombreux défis. Ainsi, les assureurs se sont trouvés confronter à un territoire dévasté, dont l’insularité a rendu l’accès au site difficile. Pour l’État et les autorités locales, les enjeux ont été multiples dans l’optique d’un lancement rapide de la reconstruction de l’île de Saint-Martin. En outre, Irma a permis d’engager une réflexion sur nos politiques de gestion des risques en outre-mer, où le taux de pénétration de l’assurance est bien moindre qu’en métropole et sur leurs capacités à faire face à des événements extrêmes similaires, dont la fréquence va augmenter sous l’effet du changement climatique.
Un retour d’expérience graphique sur la crise cyclonique de 2017 aux Antilles
Par Élie CHEVILLOT-MIOT
INHESJ, département Risques et Crises
Ingrid CANOVAS
LATTS, École des Ponts, Université Gustave Eiffel
Cheila DUARTE-COLARDELLE
INHESJ, département Risques et Crises
Christian IASIO
BRGM
Thierry WINTER
BRGM
et Valérie NOVEMBER
LATTS, UMR 8134 CNRS, École des Ponts, Université Gustave Eiffel
Réaliser le retour d’expérience d’une crise extrême, telle la crise cyclonique de 2017 aux Antilles françaises, est une procédure délicate et complexe. Elle nécessite non seulement d’intégrer les contraintes et incertitudes liées au passage de trois cyclones majeurs, mais également les effets des actions et décisions prises par l’important réseau des acteurs mobilisés à tous les niveaux d’intervention. La capitalisation d’expériences individuelles et collectives au sein d’un RETEX unique est donc primordiale pour optimiser la prise de décision en conduite de crise « hors-norme », notamment dans un contexte de changement climatique aux effets imprédictibles. Dans cet article, nous proposons un retour d’expérience sous la forme d’une base de données graphique qui intègre des informations hétérogènes et descriptives des aléas, des actions menées, des interactions entre les services, etc. Il s’agit, in fine , d’enrichir les connaissances et d’appuyer les décisions, à tous les niveaux (opérationnel, tactique et stratégique), tant dans le public que dans le privé.
La recherche française sur les risques et catastrophes naturels : bilan d’une décennie de financements de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et perspectives d’avenir
Par Anne LIEUTAUD
Agence nationale de la recherche (ANR)
Maud DEVÈS
Université de Paris, Institut de physique du globe de Paris (IPGP) et Institut Humanités, sciences et sociétés (IHSS)
Nicolas ECKERT
INRAE, LabEx OSUG
Gilles GRANDJEAN
Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)
Mélanie PATEAU
Agence nationale de la recherche (ANR)
et Céline BILLIÈRE
Agence nationale de la recherche (ANR)
Le cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe rappelle que le succès de toute politique de gestion et de prévention des risques dépend de l’implication de l’ensemble de la société. Pourvoyeuse de connaissances, la recherche scientifique joue ici un rôle fondamental. Prenant acte de ce constat, l’Agence nationale de la recherche (ANR) a souhaité faire, en 2019, un bilan des projets de recherche qu’elle a financés sur la thématique des risques et catastrophes naturels. Ce travail, réalisé par un comité scientifique constitué pour l’occasion, a donné lieu à la publication d’un cahier, puis, en collaboration avec les alliances AllEnvi et Athéna, à l’organisation d’une journée d’échange avec la communauté des chercheurs. Cet article revient sur les principaux points du bilan, ainsi que sur les pistes de réflexion ouvertes par les discussions engagées lors du séminaire.
WannaCry, une frayeur à l’échelle planétaire
Par Jean-Luc AMINOT
Commissaire divisionnaire honoraire ‒ Université de Paris (Master Ingénierie des risques)
Le 12 mai 2017, le monde entier découvrait le rançongiciel WannaCry, utilisé dans le cadre d’une cyberattaque massive sans précédent. Ce logiciel malveillant, de la famille des rançongiciels, touchait en quatre jours plus de 200 000 ordinateurs dans 150 pays différents. En Europe, le système informatique du NHS, le service de santé britannique, était quasiment paralysé. Plusieurs grandes entreprises privées européennes étaient également impactées. Le défi posé à nos sociétés développées par WannaCry est celui de l’insécurité latente des réseaux par lesquels transitent chaque jour des milliards de données. Par conséquent, une véritable attitude de vigilance, de protection et de résilience s’avère aujourd’hui nécessaire, et ce malgré une connaissance perfectible des patrimoines informatiques, une hétérogénéité croissante des systèmes, et du fait des obligations liées à la protection des données personnelles. C’est une véritable stratégie d’ensemble que les organisations se voient conviées à déployer, laquelle doit permettre de construire un état d’esprit de vigilance, une protection technologique efficiente et une résilience authentique.
Fukushima : décider en situation extrême
Par Franck GUARNIERI et Sébastien TRAVADEL
MINES ParisTech/PSL, Centre de recherche sur les risques et les crises (CRC)
À travers la décision du directeur de la centrale nucléaire de Fukushima d’injecter de l’eau de mer pour refroidir les combustibles des réacteurs, nous montrons les limites d’une sécurité définie par le seul respect des référentiels normatifs. Les actions sans précédents accomplies par les opérateurs de la centrale durant plusieurs jours pour éviter la fusion des réacteurs rappellent que la gestion d’une crise dépend en dernier ressort de l’engagement d’êtres humains, de leur construction d’imaginaires et de leur capacité à opérer des choix, parfois porteurs de lourds enjeux.
Agir ensemble face à la catastrophe
La doctrine en matière de sûreté nucléaire : une amélioration continue intégrant mieux la gestion d’un accident nucléaire
Par Jean-Luc LACHAUME et Sylvie CADET-MERCIER
Autorité de sûreté nucléaire (ASN)
Depuis les années 1970, la doctrine en matière de sûreté nucléaire a évolué, prenant en compte les leçons des incidents et accidents qui sont survenus dans le monde. À l’origine, la priorité était accordée à la prévention des accidents. Au fil des années, la limitation des conséquences des accidents et la gestion de crise ont été renforcées dans la doctrine de sûreté. Cette évolution a conduit à un renforcement notable des installations nucléaires : l’analyse d’initiateurs d’accidents plus complexes, résultant notamment de cumuls d’événements, a conduit à la mise en place de dispositions matérielles et organisationnelles complémentaires afin de limiter les conséquences radiologiques. Puis, après l’accident de Tchernobyl, elle a conduit à un renforcement de la protection des populations : la gestion de crise, notamment en ce qui concerne la phase postrejets radioactifs, s’est particulièrement développée afin de mieux gérer sur le long terme les conséquences sanitaires, sociales et environnementales d’un accident.
Catastrophe et pilotage : la sortie de tous nos « domaines de vol »
Par Patrick LAGADEC
Directeur de recherche honoraire à l’École polytechnique
Au début des années 1970, un rapport fit grand bruit en Grande-Bretagne. Le constat était abrupt : la complexité nouvelle des installations industrielles et la quantité exponentielle des produits stockés appelaient à une remise à plat de l’approche des risques technologiques. Cette impulsion, qui eut son équivalent en France, conduisit à une nouvelle donne en matière d’installations à risque : directives Seveso, expertise exigeante, information du voisinage, préparation en cas d’accident majeur. Un demi-siècle plus tard, la même réflexion-mutation s’impose ˗ et avec une ambition encore plus profonde. Car voici que la cartographie de nos risques est bouleversée, marquée par des interdépendances et turbulences systémiques majeures. Il nous faut « fracturer nos univers mentaux », nous mettre en condition pour inventer de nouvelles navigations collectives, alors que nos risques ont largement échappé au domaine de validité de nos visions, démarches et outils de référence.
La résilience : opportunité ou fausse piste ?
Par Magali REGHEZZA
École normale supérieure, LGP˗UMR 8591
La résilience est au départ un concept scientifique descriptif, qui est devenu, au tournant des années 2000, une notion-clé des politiques internationales de réduction des risques de catastrophes (RRC). Terme flou, polysémique et plastique, il fait l’objet de nombreuses critiques dans le monde académique. Son opérationnalisation pose de nombreuses difficultés. La résilience offre pourtant des perspectives intéressantes pour renouveler la prévention des risques et la gestion de crise. Loin d’offrir des solutions miracles, le référentiel de résilience peut s’interpréter davantage comme une méthode qui permet d’intégrer les différents aspects de la RRC et de tenir compte du moyen et du long terme, malgré les incertitudes.
Catastrophes et sécurité sanitaire : aspects conceptuels et politiques
Par Pr. William DAB
Conservatoire national des Arts et Métiers, chaire « Hygiène et Sécurité », ancien directeur général de la Santé
Le concept de catastrophe est ambigu, c’est un jugement de valeur qui n’apporte rien à la décision. Il faut en revenir au concept de risque pour l’évaluer et le qualifier. En fonction du niveau d’incertitude, la réponse au risque relève de la prévention ou de la précaution. Des crises peuvent survenir pour des soupçons de risques, tandis que des risques forts ne provoquent pas nécessairement des crises. Deux implications sont discutées : d’une part, tenir compte de la perception sociale des risques dans ces situations de risque ; d’autre part, construire une véritable politique du risque sanitaire sans laquelle la notion de catastrophe sera galvaudée.
Recherche, expertise et décision face à la catastrophe : vers de nouveaux défis
Par Maud DEVÈS
Université Paris, Institut de physique du globe de Paris (IPGP) et Institut Humanités, sciences et sociétés (IHSS)
La science occupe une fonction importante face au risque de catastrophe. On n’attend rien moins d’elle qu’elle fournisse le socle d’« évidences » sur lequel fonder l’action collective. De sorte que lorsqu’une décision doit être prise, les scientifiques se trouvent naturellement appelés à intervenir. Les modalités de leur intervention sont cependant à géométrie variable et il ne leur est pas toujours facile de trouver leur « juste » place. Dans cet article, nous reviendrons sur quelques difficultés inhérentes à l’articulation entre recherche et expertise, puis nous nous interrogerons sur les nouveaux défis ouverts par les transformations des rapports entre science et société intervenues au cours des dernières décennies.
Catastrophes : qu’ont à dire les humanitaires ?
Par François GRÜNEWALD
Directeur général et scientifique du Groupe URD
Avec le développement des dégradations environnementales majeures ‒ notamment celles résultant des changements climatiques, de l’urbanisation accélérée ou de la vulnérabilité croissante de pans entiers de populations ‒, la gestion du risque et la capacité de répondre à leurs conséquences sont devenues des défis centraux de nos sociétés. Les acteurs de la solidarité, tant des sociétés civiles que des mécanismes multilatéraux, mais aussi et peut-être surtout les instances dédiées des États, tentent d’y répondre, affichant à chaque fois des progrès, mais rencontrant aussi de nombreuses difficultés. Remettre au centre des stratégies de développement des sociétés et des territoires les enjeux de résilience est un des axes-clés de la réflexion. Se préparer à mieux répondre (plus vite, plus efficacement, en créant très vite des liens avec un développement plus résilient en sortie de crise) devient une exigence face à la multiplication des événements extrêmes.
Hors dossier
Les leviers d’action pour un mix énergétique propre et sûr au service de la transition énergétique dans les territoires
Par Florence CARRÉ
INERIS
Karine ADAM
INERIS
Raymond COINTE
INERIS
Olivier GENTILHOMME
INERIS
Mathieu BRUGIDOU
EDF
Olivier GUILLAUME
EDF
Pauline GABILLET
Métropole de Lyon
Corinne GENDRON
Université Québec à Montréal (UQAM)
Magali JAKUBOWICZ
Communauté d’agglomération du Beauvaisis
Jean-Yves LEBER
Écologie sans Frontière
Stéphane MOCANU
INRIA
Isabelle MORETTI
Université de Pau et des Pays de l’Adour
Éric VIDALENC
ADEME
et Jacques VILLENEUVE
Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)
Les territoires multiplient leurs efforts pour atteindre les objectifs de la loi de transition énergétique pour la croissance verte, parmi lesquels figure la nécessité de porter la part des énergies renouvelables à 32 % de la consommation finale brute d’énergie en 2030. Cet article vise à recenser les risques industriels et environnementaux liés à l’émergence à la fois de nouveaux acteurs impliqués dans le déploiement des énergies renouvelables et de nouveaux matériaux et technologies. Associées à ces risques, des solutions techniques et organisationnelles sont proposées pour les maîtriser et tenter de faire de la transition une opportunité pour les territoires.
Le changement climatique : quels enjeux pour les entreprises ?
Par Godefroy GALAS et Angel PRIETO
Ingénieur-élève des mines
Le dernier séminaire annuel de l’Amicale du Corps des mines s’est tenu le vendredi 4 octobre 2019 à l’École des mines de Paris et a été consacré à la thématique suivante : « Le changement climatique : quels enjeux pour les entreprises ? ». La journée a été ponctuée de conférences plénières où sont intervenus experts et grands témoins, ainsi que d’ateliers de réflexion en groupe portant sur des thématiques diversifiées, telles que l’alimentation, les transports, l’urbanisme et l’aménagement du territoire, le numérique, l’équité ou encore les changements de modes de vie. Le présent article revient sur les principaux enseignements de cette journée riche en réflexions, afin de mettre en lumière le rôle crucial que doivent jouer les entreprises dans la lutte contre le réchauffement climatique et leur nécessaire engagement en faveur du défi majeur de notre siècle que constitue la transition bas-carbone.
Bilan énergétique de la France en 2018 - Données définitives
Par Ministère de la Transition écologique et solidaire, Commissariat général au Développement durable, Sous-direction des Statistiques de l’énergie (SDES)
Après trois années de baisse depuis 2014, le taux d’indépendance énergétique augmente de 2,7 points en 2018, à 55,4 %. En effet, la production primaire augmente en raison du rebond de la production nucléaire et hydraulique, tandis que la consommation primaire décroît légèrement. Corrigée des variations climatiques, cette dernière est quasiment stable. La consommation finale d’énergie baisse de 0,8 %, sous l’effet d’évolutions contrastées des différents secteurs de consommation finale : des hausses dans le tertiaire et surtout dans l’industrie, mais une baisse de la consommation à usage non énergétique ainsi que dans le transport et le résidentiel. Au total, les ménages, entreprises et administrations ont dépensé 167 Md€ pour leur consommation d’énergie. 54 Md€ correspondent aux taxes (nettes des subventions aux énergies renouvelables) et 41 Md€ aux importations nettes de produits énergétiques. Chaque ménage français a dépensé en moyenne 3 100 € pour ses achats d’énergie, à parts égales pour les carburants et le logement, dont 1 400 € de taxes.
