Janvier 2021

sommaire

Responsabilité & Environnement

L’enseignement et la formation dans la transition écologique et sociétale

Numéro complet
Ce numéro a été coordonné
par Cécile RENOUARD et Rémi BEAU

N° 101

Préface : Barbara POMPILI ,

Ministre de la Transition écologique

Introduction :

Quelles transitions enseigner ?

Pour une histoire des symbioses énergétiques et matérielles

Par Jean-Baptiste FRESSOZ
Historien, Centre de recherches historiques CNRS-EHESS

Avec l’urgence climatique, l’expression « transition énergétique » a acquis un tel prestige que les historiens en sont venus à l’employer pour décrire toutes sortes de processus, y compris ceux qui furent, à rigoureusement parler, des additions énergétiques. Le problème de la « transition énergétique » est qu’elle projette un passé qui n’existe pas sur un futur pour le moins fantomatique. Cet article propose une nouvelle façon d’aborder l’histoire de l’énergie en tant que dynamique d’accumulation symbiotique.

Entre crises et transitions : quel enseignement dispenser en santé publique ?

Par Cyrille HARPET
Enseignant-chercheur à l’École des Hautes études en santé publique de Rennes (EHESP), directeur adjoint de l’Unité de recherche mixte Arenes (UMR 6051)

L’enseignement en santé publique est encore trop peu dispensé en dehors des spécialités pro­fessionnelles (médicales et non médicales). Pourtant, avec la crise actuellement traversée ‒ la Covid 19 ‒, ce champ d’intervention auprès des populations donne la pleine mesure des enjeux posés à nos sociétés. En outre, la santé environnementale, ce champ encore plus spécifique de la santé publique, est encore moins connue et enseignée. Or, les questions des risques pour la santé des populations ont bouleversé les sociétés anciennes et celles de notre modernité. Quel enseignement dispenser en santé publique pour anticiper des crises et assurer les transitions vers un modèle de soutenabilité ? En prenant la mesure des crises sanitaires et des crises écologiques, il est devenu urgent de construire un socle de connaissances à transmettre. Les pressions pesant sur l’ensemble des écosystèmes du fait des activités humaines destructrices ne sont plus seulement d’ordre écologique, mais sont également en lien avec la santé publique.

À quelle transition écologique se former ?

Par Luc ABBADIE
Professeur d’écologie à Sorbonne Université

Après avoir été minorés, pour ne pas dire ignorés, pendant des décennies, la régression de la biodiversité, le dérèglement climatique, la surconsommation d’énergie et la pollution à l’échelon planétaire, entre autres, commencent à s’imposer en tant que dimensions structurantes de toute politique crédible. Un changement rapide et multiforme de nos modes de vie est considéré comme inévitable. On peut voir dans cette transition écologique une contrainte avec laquelle il va falloir composer, a minima ; on peut aussi y voir l’occasion d’un grand questionnement sur ce que nous sommes et sur ce que nous voulons. Le degré de conscience de la situation et la capacité à imaginer des futurs désirés, individuellement et collectivement, feront pencher la balance d’un côté ou de l’autre, ce qui ne sera pas sans conséquences sur la vitalité de nos démocraties. Enseigner la transition écologique n’est donc pas qu’une simple mise à jour de nos modes de formation, elle en est également une remise en cause.

La difficile conversion à l’écologie de la recherche en économie

Par Quentin COUIX
Centre d’économie de la Sorbonne, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris

et Gaël GIRAUD
CNRS, Georgetown Environmental Justice Program, Georgetown University, Washington DC

Parce qu’elle a refusé, dans les années 1970, de modifier son cadre d’analyse pourtant remis en cause par le rapport du Club de Rome (1972), l’économie néo-classique se révèle incapable d’appréhender de manière réaliste les défis écologiques contemporains. Une approche alternative, articulée à la thermodynamique, permet cependant de comprendre comment les contraintes écologiques d’un monde fini pèsent sur la dynamique de nos économies.

Du bon usage des modèles mathématiques

Par Ivar EKELAND
Professeur émérite à l’Université Paris-Dauphine et à l’Université de Colombie britannique, membre de la Société royale du Canada et de l’Academia Europea

Les modèles mathématiques ont un rôle important à jouer dans l’étude de la transition écologique, à condition de reconnaître leurs limites : ils ne valent pas mieux que les hypothèses que l’on fait ; et si les modèles sont trop ambitieux, ces hypothèses sont trop simplificatrices. L’exemple de la médecine est éclairant. L’objectif recherché, la santé, échappe à une définition précise, a fortiori à la modélisation ; les modèles mathématiques fournissent des outils précieux, allant de l’imagerie médicale à la thérapie antivirale, mais ce ne sont que des outils au service d’une vision globale qui est celle du praticien. De même, en matière d’écologie, les modèles mathématiques doivent se situer au niveau où ils sont pertinents.

Quelle transition enseigner ?

Par Dominique BOURG

Dominique Bourg est philosophe et professeur honoraire de l’Université de Lausanne. Il est directeur de publication de la revue en ligne Lapenséeécologique.com. Il est l’auteur de : Le marché contre l’humanité (PUF, 2019), Inventer la démocratie du XXIe siècle : l’Assemblée citoyenne du futur (Les Liens qui libèrent, 2017), Une nouvelle Terre (Desclée de Brouwer, 2018), La pensée écologique. Une anthologie (avec Augustin Fragnière, PUF, 2014), Dictionnaire de la pensée écologique (avec Alain Papaux, PUF, 2015), Écologie intégrale : pour une société permacirculaire (avec Christian Arnsperger, PUF, 2017), L’âge de la transition : en route vers la reconversion écologique (avec Alain Kaufman et Dominique Méda, Les Petits matins, 2016).

Les enseignants-chercheurs face à des disciplines en transition

Transitions agricoles et alimentaires et enjeux pour la formation : la diversité et la complexité au coeur de l’accompagnement

Par Patrick CARON
ART-DEV, Université de Montpellier, Cirad

Le besoin d’une transformation profonde des systèmes alimentaires ne fait plus l’ombre d’un doute. C’est ce que nous justifierons dans la première partie de cet article, en en identifiant les raisons sanitaires, environnementales et sociales et en précisant les enjeux et les défis à relever. Nous nous intéresserons ensuite aux caractéristiques des transitions agro-écologiques à entreprendre pour ce faire, et, en particulier, à la nécessaire prise en compte de la complexité et de la diversité des situations, de l’incomplétude des connaissances disponibles et des connections à réaliser entre processus locaux et globaux. Enfin, nous identifierons les conséquences qui en découlent pour la formation, en particulier les ruptures à opérer pour dépasser une vision de l’innovation centrée sur le transfert de technologies et acquérir les compétences visant à stimuler la mobilisation de connaissances éparses et les processus d’apprentissage, ainsi que la conception de solutions et la médiation en contexte incertain.

Une science de la rencontre. L’écologie scientifique au service de formations interdisciplinaires

Par Hélène BARBÉ
Laboratoire Écologie, systématique et évolution (ESE) de l’Université Paris-Saclay

Caroline VINCENT
Laboratoire ESE de l’Université Paris-Saclay

Cécile BLATRIX
Professeure de science politique à AgroParisTech

et Nathalie FRASCARIA-LACOSTE
Professeure d’Écologie évolutive et ingénierie écologique à AgroParisTech

Dans cet article, nous revenons sur ce qui constitue le coeur de l’écologie scientifique, et mon­trons comment cette discipline peut enrichir les formations interdisciplinaires à plusieurs égards. L’écologie a longtemps eu tendance à laisser l’être humain en dehors de son champ d’étude. Or, au regard des crises que nous vivons actuellement, la perspective écologique a pris un tournant pour s’orienter vers des approches plus transversales. Nous verrons comment cette science de la rencontre (rencontre des disciplines, des courants de pensée, des valeurs, des rationalités…) et de la connaissance du sensible permet un changement de paradigme au travers de concepts clés, tels que les (socio-écosystèmes, la complexité, la dynamique, les interrelations ou encore les incertitudes. Les questionnements et savoirs issus de l’écologie scientifique ont donc vocation à favoriser une meilleure compréhension générale des fonctionnements des sociétés humaines imbriquées au sein des systèmes vivants.

Les métamorphoses du droit face aux exigences de la transition écologique

Par Kathia MARTIN-CHENUT
Directrice de recherche en droit au CNRS, Institut de sciences juridiques et philosophiques de la Sorbonne (UMR 8103 ISJPS – CNRS/Université Paris 1)

et Camila PERRUSO
Post-doctorante à l’Institut des sciences philosophiques et juridiques de la Sorbonne

La crise écologique bouscule le droit et le force à se réinventer. Le droit participe à la transition écologique, dans la mesure où il permet, d’une part, d’organiser les relations sociales qui en découlent et, d’autre part, d’orienter les transformations nécessaires lorsqu’il s’approprie les normes et valeurs sociales. Il peut ainsi jouer un rôle essentiel non seulement a posteriori , mais également tout au long de la transition écologique. Mais celle-ci est complexe, comme les métamorphoses que doit subir le droit pour l’accompagner. Cette contribution met en lumière certaines des adaptations que connaissent certaines catégories juridiques classiques qui nous semblent être bousculées par les exigences d’une transition écologique et solidaire et s’avérer propices à contribuer à sa concrétisation : la souveraineté, la propriété, la personnalité et la responsabilité.

Les enseignants-chercheurs face à des disciplines en transition

Par Marc DUFUMIER

Marc Dufumier est agro-économiste, spécialiste des systèmes agraires et de leur évolution, ainsi que de l’étude de l’impact des politiques et des projets de développement sur leur dynamique. Il est membre du Conseil stratégique de l’agriculture et de l’agro-industrie durables (CSAAD) du ministère de l’Agriculture, de la Pêche et du Développement rural. Il est également membre du Comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot. Il est l’auteur de : De la terre à l’assiette ‒ 50 questions essentielles sur l’agriculture et l’alimentation (Allary Éditions, 2020), L’Agro-écolo­gie peut nous sauver (avec Olivier Le Naire, Actes Sud, 2019), 50 idées reçues sur l’agriculture et l’alimentation : que se passe-t-il vraiment dans nos assiettes et nos campagnes ? (Marabout, 2015), Agriculture biologique : espoir ou chimère ? (Le Muscadier, 2013).

Des pédagogies alternatives : exemples nationaux et internationaux

Des pédagogies pour vivre en Anthropocène

Par Nathanaël WALLENHORST
Maître de conférences HDR à l’Uco (Angers), docteur en sciences de l’éducation, en sciences de l’envi­ronnement et en science politique, et membre associé au Lisec

et Renaud HÉTIER
Professeur à l’Uco (Angers), collaborateur scientifique au Cren (Nantes) et membre associé au Lisec (Université de Haute Alsace)

Depuis quinze ans, des études géo-scientifiques sur l’Anthropocène paraissent à un rythme effréné, toutes plus préoccupantes les unes que les autres. Au coeur de la noirceur de ce siècle, n’avons-nous pas besoin d’éducateurs pour allumer de fragiles lueurs permettant de continuer notre aventure et de ne pas perdre de vue cet objectif éducatif par excellence : apprendre à changer le monde ? Partant, comment, concrètement, penser des approches pédagogiques adaptées pour vivre ensemble en Anthropocène ? La première partie de cet article porte sur le type de rapport au monde à favoriser dans le cadre d’une éducation en Anthropocène. Que devons-nous viser pour que les élèves apprennent à changer le monde en Anthropocène ? Faut-il qu’ils apprennent à établir des relations vivantes, responsives avec le monde ou, au contraire, qu’ils apprennent à entrer en résistance ? La seconde partie est centrée sur quatre approches pédagogiques, complémentaires les unes des autres, pour éduquer en Anthropocène.

Éduquer en anthropocène à l’université, une perspective norvégienne

Par Frédérique BROSSARD BØRHAUG
Professeure des sciences de l'éducation à VID Specialized University à Stavanger en Norvège

Depuis 2016, le domaine universitaire en Norvège a pour objectif de transformer sensiblement son offre éducative en anthropocène. Plus particulièrement, les objectifs de ce partenariat inter-universitaire sont de transformer, en lien avec les ODD, les programmes et l’enseignement dispensé, d’axer la recherche sur ce nouveau thème et de sensibiliser les universités à leur responsabilité éthique et professionnelle. Ce travail a donné lieu à un rapport préliminaire en 2020 (SDG – Qua­lity in higher education: Developing a platform for sharing of ideas and practices within the univer­sities), dans lequel sont présentés les objectifs ainsi que les pratiques éducatives développés par sept universités et collèges universitaires. Mais la Norvège fait face à un profond paradoxe, celui d’être à la fois un pays producteur et exportateur d’hydrocarbures et de s’afficher en leader de la cause climatique sur la scène nationale et internationale. Cette polyphonie de prises de position doit amener à nous interroger sur l’offre éducative dispensée à l’université.

Des pédagogies alternatives

Par Mark SWILLING

Mark Swilling is Distinguished Professor of Sustainable Development in the School of Public Leadership, University of Stellenbosch, Visiting Professor at the Universities of Sheffield and Utrecht, and Bass Scholar at Yale University (2018). He is Academic Director of the Sustainability Institute (www.sustainabilityinstitute.net) and Co-Director of the Stellenbosch Centre for Complex Systems in Transition (http://www0.sun.ac.za/cst/). He co-authored with Eve Annecke, Just Transitions: Explorations of Sustainability in an Unfair World (Tokyo: United Nations University Press, 2012), co-edited with Adriana Allen and Andreas Lampis, Untamed Urbanism, (New York and London: Routledge, 2016), co-edited with Josephine Musango and Jeremy Wakeford, Greening the South African Economy (Cape Town: Juta, 2016) and was the lead author of the report ‟Betrayal of the Promise: How South Africa is Being Stolen” (Stellenbosch University and University of the Witwatersrand, 2017).

Des connaissances aux compétences : la formation aux métiers de la transition

Du constat à l’action : quels enjeux recouvre la formation du monde professionnel aux transitions ?

Par Jacques-Olivier GARDA
Ingénieur ICAM, MBA Sciences Po, Innov’Active

Réussir une transition, c’est « facile » : il suffit de déterminer le point d’arrivée, d’identifier les écarts avec l’existant et de les combler au travers de démarches adaptées, notamment la formation. Une conduite classique du changement semble tout à fait convenir. Cependant, Albert Einstein nous rappelle que l’« on ne peut pas résoudre un problème avec le même mode de pensée que celui qui a généré le problème ». Autrement formulé, la profondeur de l’analyse et du constat peut révéler la nécessité de changements bien plus profonds que ce qui était initialement imaginé. C’est à cet exercice que nous invite le présent article : remettre en perspective les enjeux d’un monde vivable et désirable, et les conséquences pratiques qui en découlent pour la forma­tion des personnes en activité professionnelle et en situation de responsabilité.

Former des architectes pour participer à la transition écologique et sociale

Par Dimitri TOUBANOS
Architecte, urbaniste, Docteur en architecture, maître de conférences à l’ENSA Paris Val-de-Seine, enseignant à l’ENSA Paris-Belleville et à Sciences Po Paris, chercheur à l’EVCAU et chercheur associé au LIAT, animateur EnsaÉco

et Philippe VILLIEN
Architecte, urbaniste, Docteur en architecture, maître de conférences à l’ENSA Paris-Belleville, chercheur IPRAUS, UMR AUSser, pilote EnsaÉco

Le microcosme des écoles nationales supérieures d’architecture et de paysage (ENSA(P)) est lourdement impacté par la transition écologique et énergétique (TEE). Les études d’architec­ture s’engagent pleinement sur les sujets centraux du climat, des ressources finies, de l’énergie contrainte et de la préservation du vivant. Le développement de cet article s’articule autour, d’une part, des questions du milieu, des ressources et de la matérialité en lien avec la transformation du bâti existant et des manières d’habiter et, d’autre part, du constat du développement d’une société des risques qu’il faut équilibrer avec le prendre soin écologique et social. Dans ces perspectives, l’évolution des enseignements des ENSA(P) vers la TEE apparaît comme essentielle pour accélérer la bascule de l’architecture vers un milieu écologique et solidaire. Un modèle thématique est ainsi mis en perspective pour permettre cette bascule attendue des études d’architecture vers une transition écologique totalement engagée.

Quatre familles de compétences pour la transformation écologique et sociale

Par Gérald MAJOU DE LA DEBUTRIE
Chargé de mission Développement durable et responsabilité sociétale, vie étudiante et politique régio­nale à la Conférence des grandes écoles (CGE)

La transformation écologique et sociale des sociétés humaines, notamment de leur modèle occidental, est un impératif vital au regard des changements anthropiques majeurs qui affectent le climat et la biodiversité. L’approche par les compétences est une réponse éducative puissante à cet enjeu à condition de ne pas en servir une version étriquée, utilitariste et prétendue dépourvue de tout système de valeurs. Ces compétences doivent permettre d’agir individuellement, mais surtout collectivement en humains parmi les non-humains, en citoyens et en professionnels responsables. Elles mobilisent une éthique impliquant le respect du vivant dans sa diversité, ainsi que les désirs et les peurs qui orientent nos actes, permettent de comprendre, de ressentir les connexions aux « Autres », d’accepter nos limites et de connaître celles de notre planète. Agir avec force et collectivement, selon des réponses technologiques ou non, sera alors à la mesure des responsabilités prises et du récit futuriste inventé.

Formation à la transition écologique dans les entreprises : de l’engagement à la transformation

Par David LAURENT et Méliné REITA
Entreprises pour l’Environnement (EpE)

Les entreprises ont un rôle important à jouer dans la transition écologique, en plus de leur contri­bution à l’évolution de la société. En outre, elles peuvent également avoir à mener une transfor­mation profonde de leur fonctionnement. Que cette transformation soit proactive – changement du business model , création et abandon d’activités –, ou réactive – adaptation, partielle ou totale, de leurs activités à l’évolution du contexte (réglementaire, de marché, sociétal, etc.) dans lequel elles évoluent, toutes les entreprises sont concernées. Parmi les plus grandes, beaucoup ont engagé une évolution de leur stratégie afin de la rendre compatible avec une économie s’engageant sur la voie de la neutralité carbone et de la préservation de la biodiversité. Les implications sont dès lors profondes et peuvent mener à des plans de transformation, voire de réorganisation des entreprises. Dans ce contexte, les entreprises doivent faire face à plusieurs interrogations structurantes et graduelles : quels sont les impacts de cette transition sur leurs métiers ? De quelles compétences, techniques et comportementales, leurs collaborateurs devront-ils disposer pour appréhender les changements à venir ? Ces compétences existent-elles aujourd’hui ? Comment traduire ces évolutions, notamment en termes de stratégie et d’organisation du travail, d’appropriation du sujet par les différentes directions ?

Des connaissances aux compétences : la formation aux métiers de la transition

Par Alain GRANDJEAN

Alain Grandjean , économiste et consultant, est président de la Fondation Nicolas Hulot. Il est également co-fondateur et associé de la société Carbone 4, un cabinet spécialisé dans la transi­tion énergétique et l’adaptation au changement climatique. Il est l’auteur de : Une monnaie écologique : pour sauver la planète (avec Nicolas Dufrene ‒ Odile Jacob, 2020), Agir sans attendre (Les Liens qui libèrent, 2019), Financer la transition énergétique : carbone, climat et argent (avec Mireille Martini ‒ Éd. de l’Atelier, Ivry-sur-Seine, 2016).

Hors Dossier

Les politiques de protection de la biodiversité et l’ Ecological Redlining en Chine : quelles implications pour la COP15 ?

Par Juliette LANDRY et Aleksandar RANKOVIC et Lucien CHABASON
Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri)

Ces trente dernières années, la Chine a permis à une grande partie de sa population de sortir de la pauvreté grâce au développement économique, mais au prix de lourdes répercussions sur les écosystèmes, en Chine et ailleurs. Depuis les années 1980, le gouvernement a adopté des politiques de conservation de la nature, avec l’établissement de Nature Reserves , des aires protégées ou des parcs nationaux. C’est néanmoins dans les années 2000, qu’une prise de conscience plus prononcée s’opère, centrée d’abord sur les enjeux de pollution, puis, dans les années 2010, sur la promotion d’une approche intégrée de la gestion des écosystèmes. L’ Ecological Protection Red Line ‒ concept mis en oeuvre depuis 2011 ‒ entend répondre aux conflits entre développement agricole, urbain et industriel, et protection des écosystèmes et de la biodiversité. Alors que la Chine se prépare à accueillir la COP15 de la Convention sur la diversité biologique (CDB), nos souhaitons dans cet article resituer la place de l’ ecological redlining dans le développement des politiques de biodiversité en Chine, et ce dans le contexte plus large de l’effort de planification spatiale en cours à l’échelle du pays. Nous conclurons en nous interrogeant sur la place que ces approches peuvent tenir dans les discussions sur la route de la COP15.

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