Mars 2024

sommaire

Gérer & Comprendre

Numéro complet

N° 155

Réalités méconnues

Les laboratoires de recherche artistique, par le prisme du travail en train de se faire

Par Pauline BOIVINEAU
Maßtresse de conférences, UCO - CHUS

et Nathalie SCHIEB-BIENFAIT
MaĂźtresse de confĂ©rences HDR, Nantes UniversitĂ© – LEMNA

Face aux enjeux liĂ©s d’insertion professionnelle des jeunes artistes et de permanence artistique, cet article aborde la problĂ©matique de la pratique de la recherche artistique et de ses conditions de mise en Ɠuvre, Ă  partir d’une dĂ©marche ethnographique, menĂ©e au sein d’un laboratoire Ă©phĂ©mĂšre de recherche intergĂ©nĂ©rationnelle et pluridisciplinaire (danse et dessin). Y sont interrogĂ©es les conditions de la crĂ©ation et de la reproductibilitĂ© de ces laboratoires, dans un contexte de remise en cause du modĂšle actuel de crĂ©ation et diffusion en France. La caractĂ©risation proposĂ©e tĂ©moigne de l’intĂ©rĂȘt d’étudier la pratique de la recherche artistique par le prisme organisationnel. Elle permet d’identifier les pratiques de travail et de repĂ©rer des leviers de professionnalisation pour les jeunes artistes.

À l’épreuve des faits

Barùmes d’indemnisation et licenciement, quel bilan ?

Par Brigitte PEREIRA
Professeur de droit, HDR, EM Normandie Business School, Metis Lab

L’une des ordonnances du 22 septembre 2017 a consacrĂ© un barĂšme dĂ©terminant l’indemnitĂ© que doit verser l’employeur Ă  un salariĂ© lorsqu’il le licencie sans cause rĂ©elle et sĂ©rieuse, ou abusivement. Ce barĂšme s’impose aux juges qui condamnent l’employeur Ă  indemniser le salariĂ© injustement licenciĂ©. Le niveau d’indemnisation est dĂ©sormais strictement encadrĂ©. La somme pouvant ĂȘtre versĂ©e est soumise Ă  un plancher et Ă  un plafond. L’objectif de notre Ă©tude est d’abord de mettre en Ă©vidence les consĂ©quences de l’application, mais aussi de la non-application, du barĂšme d’indemnisation des licenciements sans cause rĂ©elle et sĂ©rieuse. En effet, si le barĂšme d’indemnisation des licenciements abusifs est appliquĂ©, quelles sont les rĂ©elles incidences en matiĂšre d’embauche ? Or, sans que l’embauche ne soit facilitĂ©e, on assiste Ă  une ineffectivitĂ© du barĂšme et corrĂ©lativement Ă  une instabilitĂ© des dĂ©cisions de justice affectant les relations entre employeurs et salariĂ©s.

La crĂ©ation de l’Agence de l’innovation de dĂ©fense : une innovation institutionnelle

Par Laure COLIN et Hervé DUMEZ
i3-CRG, École polytechnique, CNRS, IP Paris

L’Agence de l’innovation de dĂ©fense (AID) est créée en 2018. Il s’agit d’une innovation institutionnelle dans un domaine, celui de la dĂ©fense, structurĂ© et stable. L’agence créée a pour objectif de regrouper au sein d’une mĂȘme structure les anciens dispositifs de gestion Ă©pars au sein du ministĂšre en matiĂšre d’innovation, ainsi que les nouveaux dispositifs d’innovation « ouverte ». Ces derniers visent Ă  capturer et exploiter rapidement les innovations issues d’acteurs du domaine civil. Comment analyser le processus ayant conduit Ă  une telle innovation ? Dans cet article, nous nous proposons, Ă  partir d’une narration de la crĂ©ation de l’AID et d’une sĂ©rie d’entretiens menĂ©s auprĂšs d’acteurs du milieu de la dĂ©fense, de montrer, d’une part, que cette innovation est le rĂ©sultat d’une cristallisation, et, d’autre part, de mettre en Ă©vidence trois dilemmes, en Ă©cho au titre du livre de Christensen (Christensen, 1997), propres Ă  une innovation institutionnelle : celui de la crĂ©ation subtile ou restructurante ; celui de l’adaptation ou de la crĂ©ation ; celui, enfin, de l’attĂšlement. L’étude de cas permet d’enrichir la thĂ©orie de l’innovation institutionnelle formulĂ©e par Van de Ven et Hargrave (Van de Ven et Hargrave, 2004 ; Hargrave et Van de Ven, 2006), qui n’identifiait qu’un de ces dilemmes (adaptation versus crĂ©ation) repensĂ© Ă  partir de la notion d’innovation subtile.

Intrapreneuriat : la valeur de l’expĂ©rience

Par Christophe DESHAYES
Chaire Phénix, Mines Paris PSL

L’intrapreneuriat est de plus en plus favorisĂ© par les entreprises. Elles sont ainsi nombreuses Ă  avoir lancĂ© des dispositifs de recrutement et d’accompagnement de collaborateurs, appelĂ©s programmes d’intrapreneuriat, par lesquels elles espĂšrent attirer des idĂ©es nouvelles portĂ©es par des candidats intrapreneurs peu expĂ©rimentĂ©s qu’elles se chargent de former, de coacher, de mentorer, en s’inspirant des mĂ©thodes et de l’imaginaire de l’écosystĂšme start-up. C’est ce que nous appelons l’intrapreneuriat nĂ©ophyte. D’autres entreprises lancent plus discrĂštement des initiatives entrepreneuriales opportunistes, confiĂ©es Ă  des intrapreneurs plus expĂ©rimentĂ©s, et gĂ©rĂ©es dans d’autres dispositifs. Nos recherches qui s’appuient sur diffĂ©rentes Ă©tudes de cas en France montrent une grande diffĂ©rence de crĂ©ation de valeur entre ces deux catĂ©gories d’initiatives intrapreneuriales et les diffĂ©rentes catĂ©gories de dispositifs, les diffĂ©rents types de profils intrapreneuriaux. La comparaison est poursuivie au travers des quatre paradigmes de l’entrepreneuriat que sont l’identification de l’opportunitĂ©, l’émergence d’une organisation, la crĂ©ation de valeur, et l’innovation, mobilisĂ©s pour l’occasion. Elle suggĂšre des explications peu documentĂ©es jusqu’ici, entre ces performances si contrastĂ©es, en termes de parcours professionnel des diffĂ©rents types d’intrapreneurs, de nature et d’origine de l’innovation, et son niveau d’imbrication dans l’organisation.

Sanctionner pour contraindre ou pour se comprendre ?

Répondre aux demandes de sanction en entreprise selon le type de rÚgle et de faute

Par Alain JAN-KERGUISTEL
Excelia Business School, CERIIM

BérangÚre CONDOMINES
Conservatoire national des arts et métiers de Paris

et Émilie HENNEQUIN
École de Management de la Sorbonne de l’UniversitĂ© Paris 1 PanthĂ©on-Sorbonne

Les sanctions en France n’ont pas changĂ© depuis les rĂšglements d’atelier du XIXe siĂšcle. Elles adoptent le seul registre rĂ©pressif, alors que, juridiquement, la sanction connaĂźt d’autres formes associĂ©es Ă  d’autres finalitĂ©s. Nous proposons de questionner cette stabilitĂ© en partant d’une analyse des demandes de sanction. Ces demandes sont-elles toutes en phase avec un projet rĂ©pressif ? S’inscrivent-elles dans une dimension restitutive en offrant une occasion de renĂ©gociation des rĂšgles ? En d’autres termes, suggĂšrentelles une Ă©volution afin de s’adapter aux nouvelles rĂ©alitĂ©s du travail ? Pour rĂ©pondre Ă  ces questions, dans cet article, premiĂšrement, nous dĂ©crivons conceptuellement la diversitĂ© des types de fautes, de rĂšgles et de sanctions. DeuxiĂšmement, nous montrons les liens possibles entre les types de fautes, de rĂšgles et de sanctions. Ces liens rĂ©vĂšlent des problĂšmes disciplinaires bien distincts pas tous cohĂ©rents avec un projet rĂ©pressif. TroisiĂšmement, nous analysons les rĂ©sultats d’une recherche menĂ©e Ă  partir des donnĂ©es collectĂ©es lors de 27 entretiens auprĂšs de destinataires de demandes de sanction. Ces donnĂ©es valident un cadre d’analyse des demandes de sanction, et permettent de prĂ©coniser une nouvelle modalitĂ© de sanction.

MosaĂŻque

Entre rĂ©alisation de soi et utilitĂ© sociale : comment trouver du sens au travail aujourd’hui ?

À propos de l’ouvrage d’Anthony Hussenot, Pourquoi Travailler ? Place et rîle du travail dans un monde en mutation, Éditions EMS, 198 p.

Par Lucie NOURY

Sans fleurs, ni couronnes : l’enterrement de la mine

À propos de l’ouvrage de Philippe ARTIÈRES, La mine en procùs, Fouquiùres-lùs-Lens, 1970, anamosa, 2023, 256 p.

Par Frédéric GARCIAS

Un management incarné

À propos de l’ouvrage de Jean-Michel FRIXON, L’ouvrier qui murmurait Ă  l’oreille des cadres, Nombre7 Ă©ditions, 2023, 174 p.

Par Jean-Michel SAUSSOIS

La revue complĂšte

Biographies des auteurs

Digital issues: abstracts

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