Octobre 2015

sommaire

Responsabilité & Environnement

Changer avec le climat

Numéro complet
Ce numéro a été coordonné
par Pierre COUVEINHES

N° 80

Editorial

Par Pierre COUVEINHES
Rédacteur en Chef des Annales des Mines

Avant-propos

Par Maud H. DEVÈS
chercheure à Sciences Po et à l’Institut de physique du globe de Paris, secrétaire du conseil scientifique de l’AFPCN

Remarques économiques et historiques sur les enjeux de la négociation climatique à venir

Par François VALÉRIAN
Conseil général de l’Économie, professeur associé de finance au Conservatoire national des arts et métiers

Après un bref retour sur les principaux éléments du consensus au sujet du changement climatique, les outils économiques disponibles pour l’atténuation de ce changement sont passés en revue, avec leurs limites et les problèmes théoriques qu’ils posent. La question du financement de l’atténuation est abordée sous l’angle des évaluations disponibles, mais aussi en évoquant quelques mécanismes proposés et, surtout, en la resituant dans la géopolitique des négociations. Cette géopolitique permet en effet d’apprécier la singularité européenne en matière de politique publique de lutte contre le changement climatique, et de mieux définir les marges de manœuvre de l’Europe lors de la Conférence de Paris de décembre 2015 (COP21). (1) Le présent article a fait l’objet d’une communication lors de la journée « Changer avec le climat ! » organisée le 30 juin 2015 par le Conseil général de l’Économie et l’Association Française pour la Prévention des Catastrophes Naturelles (AFPCN).

Analyse prospective des solutions technologiques au défi climatique

Par Olivier APPERT
Président du Conseil français de l’Énergie

Les défis en matière d’énergie et d’environnement sont étroitement liés. La technologie est un des leviers à mobiliser pour leur apporter des solutions. Mais il faut se rappeler que les temps de l’énergie et de la technologie sont des temps longs. Aussi la transition vers un système énergétique durable prendra-t-elle des décennies. De nombreuses technologies sont envisageables, mais il n’y a pas de panacée qui permettrait de résoudre tous les problèmes.

Réchauffement climatique, sécheresses et migrations

Par Thierry GAUDIN
Ingénieur général des Mines honoraire, président de Prospective 2100

Les alarmes lancées par les prospectivistes n’ont pas été suivies de réorientations suffisantes pour échapper au scénario catastrophique décrit dès 1970 par le Club de Rome. Pour l’espèce humaine, la plus grave conséquence du réchauffement climatique, celle dont les effets sont déjà visibles, est la multiplication des épisodes de sécheresse. Si des mesures d’une ampleur suffisante ne sont pas prises rapidement, il en résultera des flux migratoires représentant plusieurs centaines de millions d’individus. Quatre voies d’action sont proposées pour éviter que le prolongement des tendances actuelles ne se transforme en une catastrophe humanitaire et écologique. La première consisterait à instituer des fiscalités transnationales pour financer des programmes d’intérêt mondial. La seconde serait la mise en place d’agences de bassin sur le modèle français dans les zones les plus menacées par les sécheresses. La troisième serait la création d’agences dédiées à la construction des infrastructures nécessaires à l’installation des migrants. Enfin, la quatrième, plus globale, consisterait à bâtir un nouveau système monétaire, d’inspiration biologique et systémique, fondé sur l’instauration de monnaies complémentaires.

Le secteur des terres : solution au problème du dérèglement climatique ? ou «un futur brillant pour l'agriculture»

Par Guillaume BENOIT
Ingénieur général des Ponts, des Eaux et des Forêts, membre du Conseil général de l'Alimentation, de l'Agriculture et des Espaces ruraux (CGAAER)

”If we control what plants do with carbon, the fate of CO2 in the atmosphere is in our hands” «Le jour où nous serons à même de contrôler ce que les végétaux font du carbone, nous aurons réglé son sort au gaz carbonique présent dans l’atmosphèr ». Freeman Dyson, BioScience, 2008. Bien que le grand public et nombre de décideurs n'en aient pas encore pris conscience, l'agriculture, la forêt et les sols (autrement dit le « secteur des terres ») sont une partie essentielle de la solution à la crise climatique, grâce notamment aux progrès possibles en matière de stockage de carbone et de substitution. Alors que de nombreux sols sont dégradés et que l'agriculture et la sécurité alimentaire sont menacées par le dérèglement climatique, au risque déjà bien perceptible de migrations et d'instabilités de grande ampleur, des solutions existent. Ces solutions laissent voir (notamment en Afrique) les voies possibles d'un développement durable. Leur généralisation présuppose cependant de reprendre conscience de l'importance stratégique des ressources rurales, de la nécessité de faire de la sécurité alimentaire un objectif central de la COP 21, de mieux gérer et de mieux valoriser l'eau, les sols et la forêt, de chiffrer les progrès possibles du secteur des terres et de financer et réussir le développement. Or, la négociation climatique, pour réussir, devra justement intégrer tous ces enjeux. (1) Selon l'affirmation du professeur Rattan Lal, du Carbon management and Sequestration Center de l’Université de l’État de l'Ohio (États-Unis).

Réflexions d’un jeune ingénieur sur le colloque Changer avec le Climat tenu à Bercy le 30 juin 2015

Par Pierre JÉRÉMIE
Ingénieur des Mines

En cette année 2015, qui verra la France accueillir en décembre la 21ème Conférence des parties (COP21), il m'a été donné d'assister, le 30 juin dernier, au colloque « Changer avec le climat » organisé conjointement par l'Association française de prévention des catastrophes naturelles (AFPCN) et le Conseil général de l’Économie (CGE). Les grands enjeux du changement climatique y ont été débattus sur la base de perspectives dressées en matière économique, technique et sociétale. Le présent compte-rendu des travaux du colloque (agrémenté de quelques digressions) décrit notamment trois exemples de filières économiques susceptibles de contribuer à une bonne gestion du cycle de carbone, au travers d’actions allant de projets prométhéens et transnationaux à des solutions plus champêtres et de dimension locale. Face aux incertitudes qui s’attachent tant à l'ampleur des bouleversements climatiques qu’au montant des investissements à réaliser, une chose paraît certaine : les meilleures solutions sont celles qui permettent à la fois une bonne adaptation au changement climatique et une réduction sensible des émissions de gaz à effet de serre.

Hors dossier

Bilan énergétique de la France pour 2014

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