Octobre 2013
sommaire
Responsabilité & Environnement
La résilience : plus qu'une mode ?
Ce numéro a été coordonné
par Dominique DRON
N° 72
Editorial
Par Pierre COUVEINHES
Rédacteur en chef des Annales des Mines
1. Pourquoi le concept de résilience prend-il aujourd’hui une telle importance ?
La résilience : de quoi, à quoi et pour quoi ?
Par Michel JUFFÉ
Philosophe, ancien conseiller du Vice-président du Conseil général de l’Environnement et du Développement durable (CGEDD) – Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, président du conseil scientifique de l’AFPCN (association française pour la prévention des catastrophes naturelles)
Le terme « résilient » est trop souvent employé comme un qualificatif s’appliquant à tout. Ainsi, pour bien se porter, il suffirait à une personne, une institution, un territoire, une entreprise… d’être résilient(e). Or, une entité, quelle qu’elle soit, ne peut être résiliente, c’est-à-dire résister à des chocs, qu’en fonction de ce qu’elle estime nécessaire ou digne d’être préservé de possibles détériorations ou destructions. Encore faut-il, après avoir procédé à cette estimation, identifier précisément les sources de danger et mobiliser les moyens d’y faire face, sinon il ne reste que des effets d’annonce ou de l’autosatisfaction à bon marché. D’où, dans chaque cas particulier, l’utilité de se poser les trois questions suivantes : résilience… de quoi ? pour quoi ? à quoi ?
La résilience : un objectif et un outil de politique publique Son apparition en France, et quelques perspectives
Par Dominique DRON
Ingénieure générale des Mines, agrégée de Sciences naturelles
Après une existence essentiellement scientifique (à partir des années 1960) et tournée vers les écosystèmes menacés par les activités humaines, le terme de « résilience » est apparu dans les textes et le discours public français au cours de la première décennie du siècle, alors que des événements climatiques, économiques et géopolitiques marquaient l’entrée dans une période aux conditions inédites. Ce nouveau contexte, perçu comme menaçant pour les sociétés elles-mêmes, conduit à une utilisation de plus en plus large de cette notion. Elle s’accompagne d’approches renouvelées en termes de compréhension et de gestion, qui opposent un ensemble « système-coopération-résilience-long terme » à un ensemble « secteur-compétition- performance-instant ». Il s’ensuit un besoin de nouveaux outils, y compris en matières financière et symbolique.
Résiliences : ambiguïtés et espoirs
Par Serge TISSERON
Psychiatre, docteur en psychologie, directeur de recherches à l’Université Paris VII Denis Diderot, Président fondateur de l’Institut pour l’Histoire et la Mémoire des Catastrophes (IHMEC) et créateur du site memoiredescatastrophes.org
Le soutenable et l’insoutenable Résilience et géostratégie
Par Jean-Michel VALANTIN
Docteur en études stratégiques, spécialiste de Géostratégie environnementale
2. Construire la résilience : pratiques sectorielles
L’après-Fukushima : la résilience des centrales nucléaires doit être renforcée
Par Jean-Christophe NIEL
Directeur général de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN)
Malgré toutes les précautions prises en matière de conception, de construction et de fonctionnement des installations nucléaires, un accident ne peut jamais être exclu ; il convient donc de prévoir, de tester et de réviser régulièrement les dispositions permettant de faire face à une situation d’urgence radiologique, même la plus improbable. L’Autorité (française) de Sécurité Nucléaire (ASN) veille à la mise en œuvre d’une démarche d’amélioration continue du niveau de sûreté des installations nucléaires pour mieux prévenir les accidents et en limiter les conséquences éventuelles. À la suite de l’accident nucléaire de Fukushima, l’ASN a imposé un renforcement significatif des marges de sûreté notamment par la mise en place d’un « noyau dur » de mesures visant à renforcer la robustesse des installations face à des situations extrêmes.
La résilience territoriale : un premier diagnostic
Par Jean-Michel TANGUY
Conseiller du directeur de la Recherche et de l’Innovation au ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
et Anne CHARREYRON-PERCHET
Chargée de mission stratégique Ville durable – Commissariat général au Développement durable, ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (MEDDE/CGDD)
Alors que les territoires sont de plus en plus vulnérables face à des risques d’ordres naturel, technologique ou sanitaire, et que l’on se trouve dans un contexte de mutations économiques et sociales, la résilience territoriale s’impose comme le moyen de dépasser les situations de crise et d’engager les territoires dans une vision à plus long terme qui intègre le risque et s’appuie sur les forces et les potentialités locales. En réactivant les dynamiques territoriales, en impliquant tous les acteurs concernés (élus, acteurs économiques, citoyens) et en faisant preuve d’anticipation, les stratégies de résilience peuvent remettre le territoire en mouvement et lui ouvrir des perspectives de développement. Elles nécessitent au-delà des approches sectorielles de prendre en compte le territoire dans toutes ses dimensions – économiques, sociales et environnementales – à travers une démarche intégrée.
Vulnérabilité et résilience des réseaux face aux risques naturels
Par Laurent WINTER
Ingénieur général des Ponts, des Eaux et des Forêts (IGPEF), Conseil général de l’Environnement et du Développement durable, ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
La résilience des sociétés vue au travers du prisme des assurances : une comparaison internationale
Par Roland NUSSBAUM
Directeur (depuis sa création en 2000) de la Mission des sociétés d’assurance pour la connaissance et la prévention des risques naturels (www.mrn.asso.fr )
3. La résilience : aspects systématiques
Résilience et adaptation climatique : une question globale ou une problématique sectorielle ?
Par Nicolas BÉRIOT
Secrétaire général de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC)
Résilience et adaptabilité des écosystèmes
Par Robert BARBAULT
Professeur émérite à l’Université Pierre et Marie Curie, Paris
Résilience et identité : que nous apprend l’approche ethnologique sur la résilience économique des sociétés actuelles ?
Par Hervé JUVIN
Président d’Eurogroup Institute
L’ethnologie interroge les certitudes généralement partagées par les sociétés développées parce qu’elle établit la résilience des sociétés « autres » et en décrit les conditions. Certains de ses constats contredisent les dogmes économiques en vigueur. D’autres viennent plus durement accuser les conséquences politiques et sociales de ces dogmes pour nous mettre en garde. Et si notre quête de la croissance infinie se payait d’une destruction accélérée de nos sociétés, de leurs cultures et des civilisations en général ?
Améliorer les conditions de la résilience urbaine dans un monde pluriel : des défis et une stratégie sous contrainte
Par Richard LAGANIER
Professeur de Géographie à l’Université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, membre de l’UMR PRODIG, Président du Comité National Français de Géographie
Hors dossier
Bilan énergétique de la France pour 2012
Sous-direction des Statistiques de l’Énergie relevant du Service de l’Observatoire des Statistiques (SOeS) au sein du Conseil général du Développement durable du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
Bilan énergétique de la France pour 2012 Sous-direction des Statistiques de l’Énergie relevant du Service de l’Observatoire des Statistiques (SOeS) au sein du Conseil général du Développement durable du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
