Janvier 2002
sommaire
Responsabilité & Environnement
LA PROLIFERATION NUCLEAIRE L'EUROPE ET LE CLIMAT : perspectives et marges de manoeuvre
N° 25
Editorial
Par Dominique DRON
Responsable éditoriale de Responsabilité & Environnement
Avis de recherche par Laurent Mermet
ENGREF
Prospective et stratégies d'acteurs
La prolifération nucléaire revisitée sur des bases techniques
Par Michel Ferrier
La prolifération nucléaire est un thème largement traité dans la littérature et qui alimente beaucoup de réflexions politiques et géostratégiques. L’état actuel des régimes juridiques nous révèle quelques faiblesses à cet égard. La prolifération réelle peut paraître plus inquiétante que celle analysée par les chancelleries. Face à ces interrogations, il est utile de décrire l’armement nucléaire dans ses composants technologiques et de revisiter la prolifération sur cette même base.
L’Europe et le changement climatique : tenir le pari de Kyoto ?
Par Domenico Rossetti di Valdalbero
Une frange toujours plus large de scientifiques admet que le réchauffement planétaire est une réalité et qu’il est provoqué en grande partie par les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant de l’activité humaine. Quelle est la situation de l’Union européenne ? Qui émet quoi et combien ? Quelle est la relation entre émissions de CO2 et produit intérieur brut ? Que peut-on conclure de l’évolution des GES ces dix dernières années, tendance naturelle ou diminution fortuite ?A quoi peut-on s’attendre aux horizons de temps 2010 et 2030 aux niveaux européen et mondial ?
Réduction des émissions de gaz à effet de serre : l'ampleur du défi
Par Jean-Marc Jancovici
La concentration de gaz à effet de serre dans l’air a augmenté de 30 % en un siècle et demi. L’accroissement de la population mondiale n’explique qu’en partie cette hausse : la quantité d’énergie consommée par Terrien a également été multipliée par sept en un siècle. Ne plus augmenter la concentration atmosphérique en CO2 impose que les émissions anthropiques mondiales deviennent inférieures à 2 ou 3 GT d’équivalent carbone soit un droit à émettre pour chaque Terrien de 500 kg par an. Il est indéniable que les meilleures technologies disponibles permettraient de diminuer les émissions, à condition bien entendu que la consommation globale n’augmente pas indéfiniment dans le même temps. Quant à l’option « énergies renouvelables » elle ne permet pas de résoudre le problème par simple substitution avec les énergies fossiles tant que la consommation d’énergie totalise 3 ou 4 tep par personne (en Europe) voire 7 à 8 ( cas des USA). La nucléarisation de toute la production d’énergie non plus. Seule une rupture radicale de nos modes de vie permettrait de réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre et de préserver l’avenir.
Nouveaux regards
La naissance de l'éco-conception du cycle de vie du produit au management environnemental "produit"
Par Christophe Abrassart, Franck Aggeri
L‘article analyse l’émergence et les conditions d’exercice de pratiques d’éco-conception dans les entreprises, pratiques qui constituent, aux yeux des pouvoirs publics européens, l’un des piliers de la nouvelle politique intégrée des produits. Les auteurs montrent d’abord comment ces pratiques ont nécessité de nouvelles techniques de diagnostic environnemental (l’analyse de cycle,…) dont ils étudient les apports et les limites. Ils analysent ensuite comment se sont progressivement structurées deux approches différentes de l’éco-conception : celle de l’ingénieur et celle du designer. Ils s’interrogent enfin, à partir d’exemples concrets, sur les obstacles au déploiement de ces approches dans les entreprises. Ils montrent, à cet égard, que l’éco-conception ne se réduit pas à un simple « problème de décision » entre des alternatives techniques déjà disponibles et par rapport à des cibles externes données d’avance, que cette pratique requiert une approche plus managériale, qui implique des processus d’exploration et d’apprentissages collectifs sur le cycle de vie, ainsi que des dispositifs de pilotage spécifiques.
Environnement intérieur : vers une prise de conscience française de l'enjeu sanitaire
Par Corinne Mandin, André Cicolella,, Jasha Oosterbaan
Largement prise en compte depuis une vingtaine d’années déjà aux Etats-Unis, au Canada et dans le nord de l’Europe, la problématique de l’environnement intérieur, enfin considérée comme un enjeu sanitaire à part entière, semble émerger concrètement en France. Pour preuve les politiques publiques qui témoignent de la prise en compte effective de la problématique ou les institutions qui se dotent d’outils adéquats tels que l’Observatoire de la qualité de l’environnement intérieur, le groupe de travail Bâtiment-Santé du Conseil supérieur d’hygiène publique de France, le réseau RSEIN (Recherche, santé, environnement intérieur). En témoigne encore le changement d’attitude de la communauté scientifique (laboratoires de recherche, agences sous tutelle ministérielle, associations agrées pour la surveillance de la qualité de l’air) ou des professionnels du bâtiment, dans le cadre de la démarche HQE, et de la santé, tous de plus en plus sensibilisés à la problématique. Une émergence qui doit permettre à la thématique de l’environnement intérieur de trouver une juste place dans un dispositif sanitaire de précaution, permettant l’évaluation et la gestion des risques environnementaux.
Les institutions françaises face à la directive-cadre européenne sur l'eau
Par Pierre-Alain Roche
Directeur général de l'Agence de l'eau Seine-Normandie
La directive-cadre sur l’eau semble, à première vue, généraliser au niveau européen une organisation de la gestion de l’eau d’inspiration française par l’accent qui y est mis sur la gestion intégrée à l’échelle des grands bassins hydrographiques. En réalité, il apparaît que les institutions françaises auront au moins autant d’efforts à accomplir pour se conformer à la lettre et à l’esprit de cette directive-cadre que les autres pays européens. Démarche de fixation des objectifs de moyen et long termes ou méthodes d’évaluation des politiques publiques que sous-entend la mise en œuvre de plans de gestion et de programmes de mesure, on est loin de nos pratiques actuelles des Sdage (schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux), de la police de l’eau, des mécanismes de recouvrement des coûts, de taxation et de programmation par les agences de l’eau. C’est dès maintenant que l’ensemble des acteurs de l’eau doit se mobiliser pour participer à la première étape, l’état des lieux, qui sous l’apparence d’un travail objectif et scientifique fixera de fait les ambitions que nous aurons dans la reconquête du milieu.
